L’inspiration, voilà une problématique constante pour de nombreux créatifs : où la trouver ? Comment se renouveler ? Déjà à la fin du XXe siècle le créateur Hussein Chalayan déclarait : « La mode se renouvellera à travers la technologie, de nouvelles fibres, de nouvelles façons de fabriquer des vêtements. Sans prise de risques, on ne peut pas changer le monde ». Prémonition ou simple intuition, il est aujourd’hui fréquent de retrouver des pièces imprimées en 3D sur les podiums des défilés ou dans les ateliers des plus grands créateurs. En quoi consiste cette collaboration, quels en sont les enjeux pour le secteur de la mode ? Retour sur une application de l’impression 3D en pleine voie d’expansion !

Les nouvelles technologies intriguent donc autant qu’elles fascinent les créatifs. Pourquoi ? Parce qu’elles permettent une émancipation des contraintes techniques, incitent la création de pièces au design futuriste et innovant. Les matériaux utilisés peuvent surprendre puisqu’il s’agit bien souvent de polymères divers (plastiques et dérivés). Porter du plastique, cela peut sembler étrange et c’est justement là que l’impression 3D permet des évolutions technologiques. En effet, grâce à des techniques d’impression très précises, il est aujourd’hui possible de réaliser des pièces très fines et détaillées s’articulant parfaitement autour du modèle.

Une question persiste cependant, les matériaux utilisés dans les imprimantes 3D vont-ils finir par remplacer nos textiles ? Ils est intéressant de constater qu’à l’approche de nouvelles technologies, la peur du « remplacement » est presque automatique. L’impression 3D n’a pas pour objectif de remplacer les techniques de fabrication traditionnelles. L’objectif est de venir en complément, d’étendre le champ des possibles. Force est de constater que la collaboration de cette technologie et du secteur de la haute couture en est un exemple probant. Les créations sont « agrémentées » de pièces imprimées en 3D qui sont elles-mêmes ensuite intégrées à la main sur des pièces textiles.

 


 

Prenons l’exemple du créateur Akexis Walsh. Ce dernier a créé une collection entière en impression 3D ainsi qu’une robe appelée la « Spire Dress« . La robe a nécessité l’impression de plus de 400 pics en nylon. Ces pics ont ensuite été cousus sur la robe à la main. En collaboration avec la firme Shapeways, cette robe est l’exemple même du rôle que peut prendre l’impression 3D dans le secteur de la haute couture !

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L’année 2016 a été une année particulièrement prolifique pour l’impression 3D dans le secteur de la mode. De nombreux créateurs ont présenté lors des différentes fashion week leurs nouveaux projets emprunts de technologie innovante donc la fabrication additive !

Arnault Vaillant et Sébastien Meyer de la maison Courrèges ont présenté lors de la Fashion Week de Paris des tops imprimés en 3D. Permettant d’innover en terme de matériaux, l’utilisation de cette technologie a également permis d’ancrer la collection dans une démarche futuriste ! Et cela, fonctionne à la perfection : escarpins, vestes ou combinaison … Cette collection a fait parler d’elle tant elle mélangeait la sagesse de la maison Courrèges et le côté rebelle de ces élans futuristes.

courreges-001La fashion Week de New-York a également eu son lot d’innovation en matière de mode et impression 3D ! Le trio ThreeAsFour a fait sensation en présentant (en collaboration avec Stratasys) une robe aux variations de couleurs subtiles et imprimée dans un matériau souple. Cette robe a été réalisée avec l’imprimante Object500 Connex3, une imprimante permettant justement d’imprimer une palette de couleur gigantesque !
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La marque Ohne Titel a présenté, quant à elle, une robe imprimée en 3D par Shapeways. Cette robe, sponsorisée par Microsoft, a innové dans l’utilisation d’un nouveau matériau plus brillant et translucide que le nylon habituellement utilisé. Cette matière, normalement réservée à l’impression de petites pièces a été utilisée sur toute la surface de cette création. Le résultat final est réellement impressionnant !
ohne-tel-001Réinventer des pièces traditionnelles grâce aux capacités techniques de nouvelles technologies, voici un des enjeux de la créatrice Irina Tosheva. Originaire de Macédoine, elle s’est inspirée des habits traditionnels macédoniens en y insérant des pièces imprimées en 3D. Cette collection de prêt-à-porter féminin « Riza » fut présentée lors de la Fashion Week Printemps-Été 2016. Le résultat est tout simplement spectaculaire, elle parvient à faire sensation en proposant une variété de pièces impressionnante : vêtements, accessoires, sacs à main…

Irina -Tosheva-3D-2016


 

L’impression 3D a donc encore de beaux jours devant elle, que ce soit au niveau du design ou bien de la création de pièces de haute couture futuristes. L’enjeu pour ces créateurs de grandes maisons de haute couture est de repenser le rôle de la mode au sein d’une société en pleine évolution. Le styliste de Chanel expliquait : “ce qui permet à la haute-couture de survivre, c’est d’avancer avec son temps. Si elle reste comme une belle au bois dormant dans sa tour d’ivoire au fond de la forêt, vous pouvez l’oublier”. Une façon d’inciter les acteurs du secteur de la mode à expérimenter les possibilités infinies qu’offre l’impression 3D.